Un Halladay spécial
Le champion des Blue Jays, Roy Halladay, rencontre un admirateur de 13 ans qui combat un adversaire bien plus puissant que n’importe quel adversaire sur un terrain de baseball.

Par JEREMY SANDLER
à Dunedin, Floride. National Post

Tout a commencé par un sourire et a fini avec des larmes et une accolade. Entre temps, il y a eu des moments extraordinaires pour un jeune homme qui se remettait, il y un an à peine, d’une greffe de moelle osseuse après avoir été diagnostiqué avec une leucémie myéloïde.
Roy Halladay, l’as des Toronto Blue Jays, suit aussi assidûment sa routine que n’importe quel lanceur de ligues majeure ; cependant hier, il a accepté de changer sa routine afin de répondre au vœu de Sean Clayton, âgé de 13 ans, et d’attraper avec lui la balle à la volée durant le camp d'entraînement.

Après avoir été transportés au camp en limousine à carrosserie allongée, Sean et sa famille étaient assis à une table de pique-nique près du vestiaire des Blue Jays, lorsque Holly Purdon, le chef du Service des relations publiques de l’équipe avait organisé une apparition surprise du gagnant de la Cy Young Award de la Ligue américaine en 2003.

« Holly a dit ‘on a besoin d’un lanceur, est-ce que ce gars-là peut faire l’affaire?’ » (…) « Sean s’est retourné et il a vu Roy Halladay », raconte avec émotion Michael, le père extasié du garçon. « Son visage était… C’était absolument incroyable. Il exprimait ce qu’il avait attendu toute sa vie. »

Après avoir reçu la permission d’emprunter le garçon, Halladay a guidé Sean dans le vestiaire des Blue Jays pour l’habiller en uniforme de Blue Jays, rencontrer quelques uns de ses coéquipiers et débuter une journée inoubliable.

Pendant ce temps, Michael Clayton se souvenait de deux années qu’il souhaiterait bien pouvoir oublier.

Tout a commencé le 10 mai 2006 quand, après avoir reçu un appel tardif de leur médecin de famille, cette famille de Montréal a dû emmener d’urgence son fils à l’Hôpital des enfants malades pour commencer ce qui allait devenir presque huit mois de traitements. Il y a d’abord eu la chimiothérapie. Ensuite, après avoir déterminé que Kyle, le frère de Sean, âgé de 11 ans, était compatible avec son frère, une greffe de moelle osseuse a été effectuée en octobre 2006 –greffe qui n’avait qu’une chance sur quatre d’aboutir à une réussite. L’opération chirurgicale a augmenté les chances de survie de Sean d’au moins 40%.

« Nous avons connu des moments très durs », dit Michael Clayton. « Tout cela est très émouvant pour moi-même, pour ma femme et pour son frère. Nous l’avons vu aux portes de l’enfer, et nous lui avons promis qu’il en reviendrait. »

La journée d’hier était pleine de points culminants. L’arrivée furtive d’Halladay étant celui que Sean a préféré.

« J’étais complètement sous le choc et ne savais plus quoi faire », a dit Sean quand tout était fini. « Il est très sympa, il est vraiment incroyable. C’est un joueur fantastique et aussi un gars fantastique. »

D’origine irlandaise, et élevé dans les Caraïbes avant que les détours de la vie ne l’amènent à Montréal, le globe-trotter Michael Clayton n’a pas la moindre idée de comment son fils est devenu un grand admirateur des équipes sportives de Toronto, même avant de tomber malade.

« Blue Jays, Maple Leafs, je ne comprends pas pourquoi », affirme Clayton, en mentionnant aussi que l’ancien gardien de but des Leafs, Ed Belfour, est un autre héros de son fils. « La seule chose que j’aimerais qu’il devienne c’est être un fan de cricket ! »

Mais Sean, qui suivait les matchs des Blue Jays dans les hôpitaux même lorsqu’il endurait les effets secondaires de la chimio, a ses raisons à lui.

« Je sais que les gens de Montréal devraient aimer les Expos, mais les Expos ne jouaient pas vraiment bien », dit-il. « Je ne voulais pas avoir une équipe favorite aux États-Unis. Et j’ai trouvé que les Blue Jays étaient forts, alors j’ai commencé à suivre leurs matchs et j’ai découvert Roy Halladay. C’était un lanceur formidable et il a remporté un Cy Young, et c’est comme ça que c’est arrivé. »

Vers la fin de la visite, Sean et Halladay sont ressortis des vestiaires des Blue Jays avec les bras chargés de souvenirs, y compris des battes autographiées par Halladay, Vernon Wells et Scott Rolen, un des gants de Halladay — signé aussi — des posters et une casquette.
Il y avait aussi une balle autographiée pour le médecin de Sean à Montréal.

Pour Halladay, qui est lui-même un père, pouvoir exaucer le vœu d’un enfant par le seul fait de le rencontrer s’est avéré être une leçon d’humilité.

« Honnêtement, c’est dur d’être à la hauteur, dit-il. C’est vraiment un immense honneur que quelqu’un désire cela. »

« On a envie de faire tellement pour lui. C’est un gamin fantastique et de savoir que c’était là son souhait, est touchant pour moi. Je suis content qu’ils aient pu venir. »

Avec sa leucémie toujours rémission, l’histoire de Sean reste pleine d’espoir.

« Nous n’avons qu’à attendre, nous sommes parmi ceux qui ont de la chance », dit Michael Clayton, en remerciant la Fondation Fais-Un-Vœu, la société WestJet et les Blue Jays d’avoir tous contribué à ce voyage.

Au mois de mai, cela fera deux ans que Sean a été diagnostiqué, ce qui sera un important jalon pour lui et sa famille.

« Le temps est notre allié », dit Michael. « Plus nous avons de temps, meilleures seront ses chances. »

En attendant le moment de recevoir les bonnes nouvelles finales, il faudra se contenter de jours comme hier; même avec les larmes plein les yeux quand le héros et le garçon heureux ont dû se dire au revoir, en se serrant d’abord la main, puis en se donnant une touchante accolade.

« Il était tellement heureux pendant toute la journée, tout a très bien marché», dit Halladay. « C’est une de ces choses incroyables qui arrivent dans la vie. C’est un des bons côtés d’être un joueur de baseball. »


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